LES ARTISTES
 
NADINE VERGUES
 
 
NADINE VERGUES née en 1957 en Aveyron.
Intègre les Beaux Arts de Sète et ensuite de Toulouse.
Elle reprendra son activité artistique à plein temps en 2000.
En 2010, Acquisition du Musée Jean BOUDOU – Naucelle/Aveyron

LES « METAMORPHES »
Installation d’un nombre variable de sculptures et de dessins qui reprennent les étapes d’une métamorphose.
Ces sculptures sont en feutre dit « technique ou industriel ». Patiemment découpés, des rectangles de feutres sont assemblés au fer à souder.
LES « METAMORPHES » comme métaphore de la vie : tout y est sans réellement y être, on devine sans identifier formes symboliques, chargées de la puissance organique humaine construction lentement échafaudée, de poésie, de secret, d’intérieur, de liberté, d’espace…….
Le cocon du départ est originel, c’est la matrice – la forme en devenir garde son mystère pour mieux préserver son identité, mais est-ce le cocon du début ou la « déforme » de la fin ?
….Cette transformation, je la sens réversible, à tout instant la forme étirée peut se recroqueviller et s’enfermer, se lover……..

TEXTE DE GENEVIEVE BRUN :
La tribu noire est venue de loin, d’avant le temps ou d’autre temps, trois grands, plus hauts que nous, et six petits. Longs corps souples, sans pied, sans bras, surmontés du resserrement d’un cou, l’ébauche d’une tête sans crâne comme un calice. Corps animés de mouvements contraires, éponges humaines que des vents ou des courants inclineraient de ça, de là. Au sol, trois choses en attente de forme ou qui se sont rétractées un moment dans la forme originelle, graine, fœtus, amibe, ectoplasme.
Corps alvéolés comme un grillage qui enserre le vide et saisit visuellement, dans ce vide intérieur, le dehors, les passants, la lumière, les choses…Et pourtant, sans aucun doute possible, corps habités d’humanité, rivés au sol et la tête cherchant le ciel.
Ascendance de vies, cela aussi comme une certitude, cette volonté d’avancer, de grandir, de se gorger de tout ce qui vit, qui entoure et qu’absorbent les alvéoles de feutre, soudées une à une, patiemment, obstinément comme les mots accolés racontant avec amour notre histoire incertaine.