LES ARTISTES
 
CECILE DESSERLE
 
 
Portrait d’artiste

Plasticienne,
Née à Avignon en 1971, Cécile DESSERLE réalise ses premières œuvres dès l’âge de dix ans.

L’art devient son quotidien. Pas une journée sans dessiner, peindre, créer. Pas une journée sans faire un détour par l’école des Beaux Arts d’Avignon.

En 1996, elle entre à la Sorbonne pour suivre une formation de plasticienne qui lui a permis de devenir professeur d’arts plastiques et de rendre sa pratique picturale plus ancrée dans l’art contemporain.
Dès lors elle sait qu’il lui faut trouver sa propre écriture.

Elle découvre par ailleurs en fréquentant les férias de Nîmes tout un univers flamboyant trempé de couleurs et de drame.
Pas à pas elle découvre la tauromachie : une véritable révélation.
« Ma première corrida, je suis sortie en pleurant…mais le désir d’y revenir était plus grand. Il me fallait comprendre ce paradoxe »
Un événement devient alors déterminant :. La lecture de "Recouvre le de lumière" de Alain Montcouquiol, frère de Christian, Nimeno II, qui préféra quitter le monde plutôt que vivre tétraplégique à la suite d’une blessure occasionnée par un terrible toro de Miura, à Arles.

Sa réflexion sur la mort et sur ce qui ce joue dans l’arène fait le lien. Elle utilise ce linceul comme symbole de la cape du torero.

Nait alors une série de peinture, sorte de férias blanches, l’envers d’un décor de paillettes et de couleur, un murmure de silence au centre de l’arène, la peur enroulée dans la cape.
Paradoxe oblige, il y a aussi la série des tauromachies flamboyantes de couleur, au soleil étincelant comme un cri libérateur, celui de la vie !

L’artiste trouve des similitudes entre la corrida et l’acte pictural : Dominer la matière est le résultat d’un combat qui ressemble à celui du matador face au puissant taureau. D’abord le silence de la toile semblable à celui de l’arène, pour entamer un combat corps à corps, la violence du geste aboutissant à la vénusté du mouvement ,la magie opère, c’est le moment de grâce où la transe envahit le corps et l’esprit.

L’apparition du flamenco, mais surtout de la gitane, s’impose alors…Toucher du doigt la véritable essence du monde gitan, partager le même espace, ne plus obéir à la raison, laisser libre cours aux forces primitives qui sommeillent en nous : le désespoir, l’amour, la passion, la joie…

Elle incorpore également des fragments, véritable poétique du souvenir : lettre de toreros, billet de corrida, article de journal espagnol, sorte de carnet de voyage entre Nîmes et Madrid, matière première de son inspiration.